LE MONDE ELECTRONIQUE DE FRANCOIS DE ROUBAIX

Peut-être parce qu'il était autodidacte, parce qu'il fut l'un des premiers à installer son studio à domicile (voir les savoureuses illustrations de ce livret), parce qu'il bousculait les usages alors établis, au tournant des années 60/70, dans le monde de la BO, peut-être aussi parce qu'il est mort dans la fleur de l'âge, de sa passion pour la plongée, François de Roubaix est aujourd'hui devenu un mythe. Quinze ans avant le pompeux Eric Serra, en 1974, il réinvente le paysage subaquatique à coups de synthétiseurs. C'est pour L'Antarctique du commandant Cousteau, une icône pour ce fan de l'océan. L'imagination est au rendez-vous, les premiers générateurs de fréquence déferlent avec une naïveté réjouissante, mais de Roubaix ne perd pas l'essence de son art, tourné vers les images : il sait insuffler l'angoisse ou lancer l'épopée. Cousteau refusera la musique du jeune surdoué, lui préférant Maurice Ravel. La bande, précieuse et inédite à ce jour, est le grand intérêt de cette compilation. Le reste, de La Scoumoune à R.A.S., en passant par La Mer est Grande, musique d'une série, et quelques maquettes inédites, expose davantage l'insertion progressive du synthétiseur dans l'univers de François de Roubaix, ponctué de mélodies " bien troussées ". C'est parfois cheap et kitsch, disons documentaire.

Jean-Stéphane Brosse