les chevaliers du ciel le samourai

Eric Demarsan orchestra pour François de Roubaix sur deux films: "Le Samourai" de Jean-Pierre Melville et "Diaboliquement Votre" de Julien Duvivier ainsi que la série télévisée "Les Chevaliers du Ciel" de François Villiers.

"J'ai rencontré François à une époque charnière de sa carrière où les propositions de films se multipliaient. François regorgeait d'idées mais ne savait pas encore bien les retranscrire. Au début je pouvais me considérer d'avantage comme arrangeur qu'orchestrateur mais cela n'a pas duré car François aimait tout faire par lui-même. C'était quelqu'un de passionné, curieux de tout, il apprenait avec beaucoup de facilité les différentes techniques d'arrangement et d'orchestration. Il apportait tellement d'idées de son côté qu'il m'est très difficile aujourd'hui de vous dire quelle était la part de chacun. Notre collaboration était basée sur un dialogue permanent. Chez lui il me faisait écouter les maquettes qu'il avait enregistrées. Ensuite nous décidions de l'emplacement de la musique en fonction des différentes scènes du film. En fait il ne faisait appel à moi qu'en certaines occasions et plus particulièrement lorsqu'il avait recours à un orchestre pour interpréter sa musique. Pour être plus précis, c'est l'habillage de ses musiques qu'il me confiait car les instruments solistes étaient souvent décidés au préalable. Je lui faisais des propositions d'instrumentations, de mariage de sons. Je me souviens notamment lui avoir suggéré d'utiliser de l'orgue dans "Le Samourai". J'essayais dans la mesure de mes moyens de lui apporter des idées non-conventionnelles. C'est ce qu'il aimait!"

"François sollicitait très souvent mon avis et se montrait à l'écoute de mes différentes propositions. loin d'étouffer ma créativité, il la stimulait en me poussant davantage à tenter des choses et me disait sans cesse: "Vas-y! vas-y!". François possédait de façon naturelle le sens de l'arrangement et de l'orchestration. Il était capable de distinguer les formules qui correspondaient le mieux à ses attentes et il n'était pas question de considérer à la légère le travail qu'on effectuait pour lui. Parallèlement je menais aussi une carrière de compositeur. Mais peu m'importait, je trouvais cette expérience tellement formidable que je continuais pour le simple plaisir de travailler avec lui."

Propos recueillis par Laurent Perret et Yves Taillandier, SOUNDTRACK mars 1998